Après ce long détour au nord de
l’Arizona, on retourne d’où on vient : Chambers sur la 66. Pour ça, on a
des km à avaler en grimpant les contreforts des Rocheuses. On grimpe…. On
grimpe…. On frôle les neiges éternelles et on replonge dans la fournaise.
La moto est comme nous :
assoiffée. On s’arrête chez un pompiste planté au milieu de la pampa pour se
rafraichir la glotte et faire le plein. On prend le temps de boire le seau de
coca-cola tiré à la fontaine, fumer une petite clope, blaguer en regardant les
pickups si énormes qu’il faut un escabeau pour monter dans la cabine.
Bon on va y aller….
« Oh vain diou, où ce qu’est
mon appareil photo ? je te l’avais donné le temps d’aller aux
toilettes ! »
« ben je l’ai posé là, et
puis en discutant on s’est éloigné, j’y ai plus pensé, et maintenant
effectivement il y est plus »
Oh nom d’un chien, mon sang ne
fait qu’un tour….
A tout hasard Sylvie va
interroger le pompiste… bingo quelqu’un le lui a remis ! Le temps de
réaliser ma bonne fortune et une gorgée de coca plus tard, je retourne voir le
mec et lui file un pourliche de 20$. Le gars est estomaqué, il en bafouille, et
finalement lève les bras au ciel et me lance « Dieu te bénisse ».
Avec cette bénédiction on peut repartir sans crainte en direction de la Mother
Road !
Samedi 27 Juin : 20ème jour
Faut pas se fier aux guides.
Sur le Petit Futé (seul guide
français spécial 66), ils signalent «entre Chambers et Holbrook, à Pueblo
Puercos, il y a un village indien». Bon. Alors on part direction Chambers, en
scrutant les panneaux indicateurs. Arrivés à Chambers, on n’a rien trouvé.
Demi-tour, on re-scrute plus attentivement les panneaux et le paysage :
rien de rien. Ce n’est pas grave, on va pas non plus faire et refaire le
parcours toute la journée. On se passera du village indien.
On file à Petrified Forest, qui,
comme son nom l’indique, est une zone où se trouve une forêt de troncs
pétrifiés. L’entrée du parc étant franchie, on voit quoi ? Pueblo Puercos,
5 km… Les enfoirés d’auteurs du Futé! le village indien n’est pas SUR LA ROUTE,
mais DANS LA RESERVE. On s’est tapé 90 bornes pour rien.
Et ce n’est pas fini… A Pueblo
Puercos, y’a 3 cailloux qui se battent en duel en guise de « village
indien ». C’est de la ruine carrément ruinée leur bazar. Ce vestige d’il y
a 1500 ans est cerné de gravures sur pierre (des ptéroglyphes, mot comptant
cher au scrabble), sauf qu’elles sont à perpète et qu’on ne peut pas
s’approcher. Sylvie, bravant l’interdit, débaroule les rochers pour
photographier les pictogrammes. Une amerloque bon teint lui dit le reste. C’est
qu’aux US, quand y’a marqué « forbidden » ben t’as pas intérêt à te
la jouer transgressif. Cause toujours, tu m’intéresses, Sylvie finit de prendre
ses photos. On vient d’améliorer l’amitié franco-us….
Une pimbêche a mis des
chaussettes de bébé à son chien. Je comprends que la pauvre bête aurait calciné
ses papattes sur les rochers brûlants, mais le comique de la situation
l’emporte sur l’entendement.
Pour ce qui est de la forêt
pétrifiée, on devine des bouts de troncs sortant du sable à 20 m de la piste
d’où il est interdit de sortir. On va dire que l’intérêt est moyen.
Tout cela présente certainement
un intérêt archéologique majeur, mais pour le touriste, ça s’appelle de l’attrape-couillon.
Là , ils en tiennent deux, et des gagnants !
Puisqu’on est là, on va aller au
bout. Et donc vas y qu’on continue. Cinquante kilomètres à moto en plein
désert, 55° au thermomètre, 2l d’eau en tout et pour tout, on a bien cru
claquer.
Dix bornes avant la fin, les
choses s’améliorent. D’abord, il y a ce qu’ils appellent le Désert Peint. C’est
une curiosité géologique s’étendant de la pointe ouest du Grand Canyon
jusqu’ici, soit une bande de 300km par 80 de large, correspondant au dégueulis
d’un volcan d’il y a ouatemille millions d’années. En fait ce sont les cendres,
chargées d’oxydes en tous genres, qui ont coloré le sable. Celui-ci s’est
ensuite aggloméré en formant des dômes, et on a donc actuellement une étendue
désertique bariolée de diverses teintes couvrant quasi tout l’arc-en-ciel. Les
ombres créées par les bosses, conjointes aux variations de lumière dues aux
nuages et à la course du soleil, donnent l’illusion d’une peinture
psychédélique en mouvement sur tout le désert. On dirait un batik ondulant sous
la brise. C’est magique.
Soudain on accède à une forêt complète
de troncs d’arbres pétrifiés il y a 220 millions d’années. Jusqu’au jurassique,
le Nevada était une forêt type amazonienne où gambadaient les dinos. Dérive des
continents et activité éruptive aidant, ça a bien changé depuis.
En tout cas c’est dans cet Etat
qu’il a été trouvé (et on en découvre encore) les plus beaux, les plus gros et
les mieux conservés des squelettes de dinosaures (quoiqu’en Mongolie, c’est pas
mal non plus).
Revenons à nos troncs. Y’en a
dans tous les sens et à perte de vue: des gros, des petits, des debout,
des couchés. Dont le spectaculaire Agate Bridge, un tronc complet enjambant un
rio.
La pétrification se fait par la
cendre des volcans : les oxydes (fer, magnésium, cobalt, soufre…) se
fixent dans le bois grâce à l’eau (pluie, rivière…) et avec le temps cela
devient de la pierre. Les stries du bois pétrifié sont colorées selon les
oxydes présents, et à l’instar du Désert Peint, c’est un kaléidoscope vitrifié.
Et là, on a le droit de s’approcher des billots marbrés. C’est beau. Vraiment
très beau.
Mais ça ne donne pas à boire…
Si on avait su, on aurait
commencé la visite par la porte sud et ne serions allé voir que Crystal Forest
et Agate Bridge, cela nous aurait donné le meilleur sans effort.
Le ciel, bleu azur, vire au gris en
moins d’un quart d’heure et encore un autre ¼ d’heure pour que ce soit
carrément noir. On demande à une indienne s’il va pleuvoir dans la direction où
on va pour retourner à l’hôtel, elle nous assure que non.
On se rentre peinard Leonard, et
qu’est ce qu’on se ramasse sur la tronche à l’instant exact où on descend de la
moto devant le motel ? la radée à qui mieux-mieux.
Moralité : quand Indien dit
pas pleuvoir, visage pâle a intérêt à rentrer fissa chez lui !
Conséquence immédiate : on
voulait se finir la journée en farniente à la piscine, ben c’est râpé.
Puisqu’on a du temps, on va se faire une petite lessive au lavomat d’en face.
A l’intérieur, réfugiés ici pour
se protéger de la pluie, trois indiens ont biberonné sévère de l’eau de feu. La
pluie a cessé depuis un bon moment, mais nos trois arsouilles sont raides
cuités. D’abord ils se pissent dessus, ensuite ils se roulent dedans, non pour
une danse rituelle, mais parce que leur ligne d’horizon est devenue très
instable. La gérante est hors d’elle, et fait appel aux flics. Ceux-ci viennent
accompagnés du responsable local des Affaires Indiennes (comme il est de mise
dès qu’un Indien est impliqué dans une affaire) et tout ce petit monde embarque
les trois compères pour une nuit en dégrisement. Sur ce coup là, les flics ont
été cools avec les ivrognes, ils les ont embarqués avec ménagement.
Le restau où on va se remplir la
panse est sous le signe du bon vieux farwest . Le porche de la porte
d’entrée est surmonté d’une diligence d’époque. L’intérieur, tout en clair
obscur, est carrément western. Les murs sont couverts de fac-similés des
célébrités de l’Ouest sauvage. Que ce soit du côté de la loi ou carrément en
dehors, ils ne vivaient pas vieux ces légendes de l’Ouest : Doc Hollyday,
26 ans ; Bill Hickock : 38 ans ; Jesse James : 35
ans etc
Ce qui est marrant, c’est de les
voir fringués en dandys pour se faire tirer le portrait, coiffés impeccable et
rasés de prêt.
D’autre part, certains ne
manquaient pas d’humour : Butch Cassidy envoie sa photo au directeur de la
banque qu’il a pillée le mois d’avant avec ce petit mot « merci pour
tout ».
On y apprend que les Dalton
étaient 15 frères et sœurs ! et que tous les garçons furent marshals avant
de changer de camp.
Il y a les photos des belles de
nuit écumant les saloons, des voleurs de chevaux pendus haut et court, des
agents de la Pinkerton qui devinrent le FBI plus tard, des héros nationaux tels
Kit Carson, Bill Cody (dit Buffalo Bill) etc etc. Mais pas d’Indiens. L’Ouest,
c’est pas une affaire de métèques.
Dimanche 28 Juin : 21ème jour
Ca fait un moment que ça me
tarabuste, je voudrais vérifier la pression des pneus. Cette opération n’est
pas aussi simple qu’il y paraît. Premier obstacle : du fait des caisses
latérales, il y a moins de 5cm pour atteindre la valve du pneu arrière.
Deuxième obstacle : aux USA les gonfleurs n’ont pas de manomètre, c’est à
toi d’avoir le tien dans tes bagages. Et bien entendu on n’a pas ça en rayon.
On avise un mécano ouvert bien
que ce soit dimanche (surement un païen, car ce jour à cette heure, tout bon
américain prie à la bondieuserie du coin). Il s’acharne à réparer la clim d’un
gros bahut. Le chauffeur a craqué lorsque la température est montée à 54° dans
sa cabine, sachant qu’il va jusqu’à New York ( 4000 km bon poids). On papote
pendant que le mécano s’affaire. Le routier à une arrière-grand-mère française,
et ça lui fait plaisir de rencontrer des quasi cousins.
Avec la moto, le taulier se fait
chier à brancher son tuyau de gonflage par le minuscule interstice, et après
deux ou trois coups de pschitt assure que tout est ok. Tout va bien, on peut
repartir.
Vers 1950, une chaîne de motels
se distinguait en offrant le gîte dans des wigwams (grosse tente indienne).
Aujourd’hui, il ne subsiste que ceux d’Holbrook. Devant chacun est remisée une
voiture d’époque. Le must, pour tout pèlerin de la 66, est d’y faire étape avec
son propre véhicule vintage ! c’est le cas d’une famille qui, outre la
teuf-teuf, tracte une caravane 50’s.
La ville porte le nom de
l’ingénieur qui conçut le tracé des chemins de fer Pacific & Atlantic
Railroads qui se rejoignirent ici en 1882.
Il y a aussi un culte voué à
Gertie, un dinosaure dont le squelette intact à été découvert dans le coin il y
a une trentaine d’années. C’est qu’en Arizona, tu donnes un coup de pioche et
tu déterres un dino. Alors y’a des malins qui exploitent le filon en exposant
des maquettes prétendument conformes aux originaux. On a donc des diplodocus
bleus, des tyrannosaures roses, etc etc
Sur la route, halte à
Geronimo où la boutique de souvenirs tenue par la tribu Hopi expose le plus gros morceau d’arbre pétrifié du
monde (80 tonnes).
Puis c’est Jack Rabbit, village
tombé en ruine, où ne reste stoïquement qu’un bazar dédié à tout ce qui de prêt
ou de loin concerne la 66 et les lapins. Comprenne qui pourra le rapport.
Arrêt obligatoire à
Winslow : en 1970, les Eagles sortent la chanson « Take it
easy » inspirée par ce village devenu depuis éternellement célèbre (et qui
leur voue en retour un culte sans borne).
Il y a également l’hôtel le plus luxueux de toute la 66 : le La
Posada dont les tarifs ne sont pas compatibles avec notre budget.
Un petit détour (6 km) à Meteor
Crater. Il y a 50 000 ans, une météorite grosse comme une piscine s’est
fracassée dans le désert. Il en résulte un cratère de 1200m de diamètre et 500m
de profond. Vers 1930, un certain D Barringer achète le terrain pour une
poignée de haricots. Ayant un tantinet d’instruction, il a deviné que ce machin
était la trace d’une collision avec un fragment venu de l’espace. Dans un
premier temps, il creuse, espérant y découvrir des métaux précieux. Il trouve
que dalle, alors il change d’approche : puisque la fortune n’est pas dans
le trou, il va la faire venir. Un peu de pub, et hop l’affaire est
lancée : venez voir le seul et unique cratère météorique du monde (il doit
cette unicité à sa jeunesse (!!!) et au fait d’être situé dans un lieu sans
érosion ni activité humaine). Ses petits-enfants sont maintenant
multimillionnaires avec les 18$ l’entrée. Ceci étant, le musée attenant est
très didactique, et est assez salutaire dans un pays où 50% des gens sont
persuadés que la Terre à 6000 ans, conformément à la Bible.
Devant une station essence, point
obligé de ravitaillement en naphta C5-C10 et en coca-cola, y’a un mec qui se la
pète en faisant des étirements à grands renforts de « je suis crevé, j’ai
trop roulé ». Comme il me gonfle, je lui balance dans les dents « ben
moi j’ai plus roulé que toi », là il est interloqué et je lui précise
« car moi, mon pote, je viens de France ». Ca lui cloue le bec
illico, et il arrête de faire son cinéma.
Jusqu’à Flagstaff, c’est une
succession de villages désertés : Two Guns (du nom d’un indien qui
jadis eut une altercation avec un pistolero. L’indigène eut le dessus, fut jugé
et reconnu en état de légitime défense ; mais il eut l’idée saugrenue
d’aller pisser sur la tombe de son ennemi, cela lui valut un séjour longuet au
pénitencier). Twin Arrows dont il ne reste que deux flèches plantées dans
le sol devant les ruines d’un snack ; et enfin Winona et son charmant pont
de fer, cul de sac pour la 66.
Lundi 29 Juin : 22ème jour
Flagstaff : on y croise une
mamy qui serait partante pour que je l’emmène faire un tour de bécane, mais à
cause de cette fichue arthrose qui lui paralyse l’épaule, elle préfère finalement
rentrer en pick-up avec son petit-fils.
Là-dessus, on fait un crochet à
Camp Verde pour y voir le village indien de Montezuma (les espagnols
crurent longtemps que c’était les descendants des aztecs qui s’étaient réfugiés
ici). C’est un village construit à flanc de falaise calcaire, dans un val
verdoyant au milieu d’un désert brûlant. Assez inexplicablement, les indiens
Sinagua l’abandonnèrent vers 1400 ainsi que la citadelle voisine de Tuzigoot,
perchée au sommet d’une colline. De cette colonie antique descendent les Hopis
dont la tradition orale fait constamment référence à la migration des ancêtres.
Après cette plongée dans les
origines culturelles des Pueblos, on remonte la vallée d’Oak Creek en passant
par Sedona. La ville, lieu de villégiature pour artistes et américains
fortunés, est encerclée par des mésas magnifiques. C’est un festival de
dentelles rocheuses rouge vif dont celle ressemblant à une cloche, emblème de
la cité. Portés par la grâce, les catholiques du coin ont érigé une église à
l’architecture moderne qui s’intègre, pour une fois, dans ce paysage somptueux.
D’un coup, le ciel s’assombrit de
plus en plus et les 50 derniers km à travers le canyon, ressemblant à s’y
méprendre à une vallée savoyarde, se font sous la menace de l’orage qui finit
par nous péter sur le museau 15 minutes avant le terminus. On brave les
intempéries en warriors de la route, et les automobilistes baissent leur vitre
pour nous encourager. Quelques tours de roue encore, et on est au Galaxy, snack
tout droit sorti des fifties.
Mardi 30 Juin : 23ème jour
Le motel où on crèche est une
infamie : en guise de petit-dej’ on n’a droit qu’à un verre de jus
d’orange largement dilué à l’eau, et un verre d’infusion de café (beurk, c’est
dégueu). On complète au Galaxy avec un Continental Breakfast tout ce qu’il y a
de plus réglementaire.
Quand la bedaine est pleine, on
peut partir en exploration. Le centre historique de Flagstaff comprend une
banque que les Dalton auraient pu piller s’ils n’avaient eut la funeste idée de
passer à Coffeyville, Kansas fin 1892.
Au bout de la rue, l’hôtel
rescapé de ces années héroïques est juste en face de l’échoppe d’un barbier
officiant à l’ancienne. On entre et on fait la connaissance de Mr Ulibarri dont
les ancêtres basques accompagnaient Hernan Cortez lorsqu’il mit fin à l’empire
Aztec.
Il reste à ce jour le seul et
unique barbier ayant officié sur la 66 dans les 70’s et toujours en activité
sur la Mother Road. Cela lui donne la satisfaction de faire la une de divers
magazines et journaux de par le monde. Pour la France, il est cité dans le
livre de Philippe Labro et interviewé par La Villardière dans Enquête
Exclusive.
Quand on rencontre un coiffeur
légendaire de la 66, le moins que l’on puisse faire est de lui confier sa
tignasse. Mr Ulibarri ne connaît qu’une coupe, et il me fait une tête de
vendeur d’aspirateur en trois coups de ciseaux et une remontée de tondeuse.
Maintenant on attaque la
grimpette des Rocheuses. L’air est doux, sapins et pins couvrent les montagnes
à l’infini. Cette ambiance bucolique change dès le passage à
Williams : désormais on avance sur un plateau à 2700m, et là le soleil
cogne comme un forcené sur ma caboche fraîchement rasée.
Tout au long du périple, on a
rencontré des originaux (Henry et ses lapins), des nostalgiques (le musée de
Santa Rosa), des loufoques (mamy whisky à Adrian) mais il y a aussi des
imposteurs cherchant à profiter du filon 66. C’est le cas de ce coiffeur
d’Ashfork ayant posé une DeSoto sur son toit ! là on touche le ridicule.
Le summum est atteint à
Seligman : le coiffeur Delgadillo a lancé le revival de la 66 dans les
années 80. Hélas décédé, aujourd’hui son salon de coiffure est devenu un
magasin de souvenirs et toute la ville a suivi. Les tours operateurs allant à
Vegas viennent par car complet pour mettre « Route 66 » sur leur
roadmap. Il n’y a plus rien d’authentique. Dans la surenchère du kitch, tout
est bon pour attirer l’œil du chaland et lui vendre des bibelots affreux made
in China.
En mangeant un sorbet, on
rencontre Greg qui se finit un tacos. Il arpente les parcs nationaux depuis
plusieurs mois et engrange les clichés insolites. Il est super sympa et
chanceux : à Monument Valley, il a eu LE cliché : un éclair d’orage
en plein dans la pastille sur fond des célèbres mésas. Statistiquement, il
avait plus de chance de gagner l’euro-million.
A Hackberry , un bistrotier
a habillé sa bicoque avec des reliques des années 50. Lui aussi a droit aux
charters de touristes rejoignant Las Vegas. Dérive mercantile et pour le moment
très circonscrite d’une 66 qui reste majoritairement une affaire de passion.
Au snack de Kingman je demande la
capsule de la bouteille de bière à la serveuse (pour la collection d’un
pote à un des fils de Sylvie). Normalement elle n’a pas le droit de le faire
(j’ai pas compris pourquoi) mais avec des airs de conspirateur elle me la file
tout de même en douce. Elle nous qualifie de « bikers rock n’ roll »
et désormais nous a à la bonne.













































































































































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