dimanche 21 février 2016

09 - Arizona: de Chambers à Kingman

Après ce long détour au nord de l’Arizona, on retourne d’où on vient : Chambers sur la 66. Pour ça, on a des km à avaler en grimpant les contreforts des Rocheuses. On grimpe…. On grimpe…. On frôle les neiges éternelles et on replonge dans la fournaise.
La moto est comme nous : assoiffée. On s’arrête chez un pompiste planté au milieu de la pampa pour se rafraichir la glotte et faire le plein. On prend le temps de boire le seau de coca-cola tiré à la fontaine, fumer une petite clope, blaguer en regardant les pickups si énormes qu’il faut un escabeau pour monter dans la cabine.
Bon on va y aller….
« Oh vain diou, où ce qu’est mon appareil photo ? je te l’avais donné le temps d’aller aux toilettes ! »
« ben je l’ai posé là, et puis en discutant on s’est éloigné, j’y ai plus pensé, et maintenant effectivement il y est plus »
Oh nom d’un chien, mon sang ne fait qu’un tour….
A tout hasard Sylvie va interroger le pompiste… bingo quelqu’un le lui a remis ! Le temps de réaliser ma bonne fortune et une gorgée de coca plus tard, je retourne voir le mec et lui file un pourliche de 20$. Le gars est estomaqué, il en bafouille, et finalement lève les bras au ciel et me lance « Dieu te bénisse ». Avec cette bénédiction on peut repartir sans crainte en direction de la Mother Road !

Samedi 27 Juin : 20ème jour
Faut pas se fier aux guides.
Sur le Petit Futé (seul guide français spécial 66), ils signalent «entre Chambers et Holbrook, à Pueblo Puercos, il y a un village indien». Bon. Alors on part direction Chambers, en scrutant les panneaux indicateurs. Arrivés à Chambers, on n’a rien trouvé. Demi-tour, on re-scrute plus attentivement les panneaux et le paysage : rien de rien. Ce n’est pas grave, on va pas non plus faire et refaire le parcours toute la journée. On se passera du village indien.
On file à Petrified Forest, qui, comme son nom l’indique, est une zone où se trouve une forêt de troncs pétrifiés. L’entrée du parc étant franchie, on voit quoi ? Pueblo Puercos, 5 km… Les enfoirés d’auteurs du Futé! le village indien n’est pas SUR LA ROUTE, mais DANS LA RESERVE. On s’est tapé 90 bornes pour rien.





Et ce n’est pas fini… A Pueblo Puercos, y’a 3 cailloux qui se battent en duel en guise de « village indien ». C’est de la ruine carrément ruinée leur bazar. Ce vestige d’il y a 1500 ans est cerné de gravures sur pierre (des ptéroglyphes, mot comptant cher au scrabble), sauf qu’elles sont à perpète et qu’on ne peut pas s’approcher. Sylvie, bravant l’interdit, débaroule les rochers pour photographier les pictogrammes. Une amerloque bon teint lui dit le reste. C’est qu’aux US, quand y’a marqué « forbidden » ben t’as pas intérêt à te la jouer transgressif. Cause toujours, tu m’intéresses, Sylvie finit de prendre ses photos. On vient d’améliorer l’amitié franco-us….
Une pimbêche a mis des chaussettes de bébé à son chien. Je comprends que la pauvre bête aurait calciné ses papattes sur les rochers brûlants, mais le comique de la situation l’emporte sur l’entendement.
Pour ce qui est de la forêt pétrifiée, on devine des bouts de troncs sortant du sable à 20 m de la piste d’où il est interdit de sortir. On va dire que l’intérêt est moyen.
Tout cela présente certainement un intérêt archéologique majeur, mais pour le touriste, ça s’appelle de l’attrape-couillon. Là , ils en tiennent deux, et des gagnants !
Puisqu’on est là, on va aller au bout. Et donc vas y qu’on continue. Cinquante kilomètres à moto en plein désert, 55° au thermomètre, 2l d’eau en tout et pour tout, on a bien cru claquer.









Dix bornes avant la fin, les choses s’améliorent. D’abord, il y a ce qu’ils appellent le Désert Peint. C’est une curiosité géologique s’étendant de la pointe ouest du Grand Canyon jusqu’ici, soit une bande de 300km par 80 de large, correspondant au dégueulis d’un volcan d’il y a ouatemille millions d’années. En fait ce sont les cendres, chargées d’oxydes en tous genres, qui ont coloré le sable. Celui-ci s’est ensuite aggloméré en formant des dômes, et on a donc actuellement une étendue désertique bariolée de diverses teintes couvrant quasi tout l’arc-en-ciel. Les ombres créées par les bosses, conjointes aux variations de lumière dues aux nuages et à la course du soleil, donnent l’illusion d’une peinture psychédélique en mouvement sur tout le désert. On dirait un batik ondulant sous la brise. C’est magique.







Soudain on accède à une forêt complète de troncs d’arbres pétrifiés il y a 220 millions d’années. Jusqu’au jurassique, le Nevada était une forêt type amazonienne où gambadaient les dinos. Dérive des continents et activité éruptive aidant, ça a bien changé depuis.
En tout cas c’est dans cet Etat qu’il a été trouvé (et on en découvre encore) les plus beaux, les plus gros et les mieux conservés des squelettes de dinosaures (quoiqu’en Mongolie, c’est pas mal non plus).
Revenons à nos troncs. Y’en a dans tous les sens et à perte de vue: des gros, des petits, des debout, des couchés. Dont le spectaculaire Agate Bridge, un tronc complet enjambant un rio.
La pétrification se fait par la cendre des volcans : les oxydes (fer, magnésium, cobalt, soufre…) se fixent dans le bois grâce à l’eau (pluie, rivière…) et avec le temps cela devient de la pierre. Les stries du bois pétrifié sont colorées selon les oxydes présents, et à l’instar du Désert Peint, c’est un kaléidoscope vitrifié. Et là, on a le droit de s’approcher des billots marbrés. C’est beau. Vraiment très beau.
Mais ça ne donne pas à boire…
Si on avait su, on aurait commencé la visite par la porte sud et ne serions allé voir que Crystal Forest et Agate Bridge, cela nous aurait donné le meilleur sans effort.











Le ciel, bleu azur, vire au gris en moins d’un quart d’heure et encore un autre ¼ d’heure pour que ce soit carrément noir. On demande à une indienne s’il va pleuvoir dans la direction où on va pour retourner à l’hôtel, elle nous assure que non.
On se rentre peinard Leonard, et qu’est ce qu’on se ramasse sur la tronche à l’instant exact où on descend de la moto devant le motel ? la radée à qui mieux-mieux.
Moralité : quand Indien dit pas pleuvoir, visage pâle a intérêt à rentrer fissa chez lui !
Conséquence immédiate : on voulait se finir la journée en farniente à la piscine, ben c’est râpé. Puisqu’on a du temps, on va se faire une petite lessive au lavomat d’en face.
A l’intérieur, réfugiés ici pour se protéger de la pluie, trois indiens ont biberonné sévère de l’eau de feu. La pluie a cessé depuis un bon moment, mais nos trois arsouilles sont raides cuités. D’abord ils se pissent dessus, ensuite ils se roulent dedans, non pour une danse rituelle, mais parce que leur ligne d’horizon est devenue très instable. La gérante est hors d’elle, et fait appel aux flics. Ceux-ci viennent accompagnés du responsable local des Affaires Indiennes (comme il est de mise dès qu’un Indien est impliqué dans une affaire) et tout ce petit monde embarque les trois compères pour une nuit en dégrisement. Sur ce coup là, les flics ont été cools avec les ivrognes, ils les ont embarqués avec ménagement.
Le restau où on va se remplir la panse est sous le signe du bon vieux farwest . Le porche de la porte d’entrée est surmonté d’une diligence d’époque. L’intérieur, tout en clair obscur, est carrément western. Les murs sont couverts de fac-similés des célébrités de l’Ouest sauvage. Que ce soit du côté de la loi ou carrément en dehors, ils ne vivaient pas vieux ces légendes de l’Ouest : Doc Hollyday, 26 ans ; Bill Hickock : 38 ans ; Jesse James : 35 ans etc
Ce qui est marrant, c’est de les voir fringués en dandys pour se faire tirer le portrait, coiffés impeccable et rasés de prêt.
D’autre part, certains ne manquaient pas d’humour : Butch Cassidy envoie sa photo au directeur de la banque qu’il a pillée le mois d’avant avec ce petit mot « merci pour tout ».
On y apprend que les Dalton étaient 15 frères et sœurs ! et que tous les garçons furent marshals avant de changer de camp.
Il y a les photos des belles de nuit écumant les saloons, des voleurs de chevaux pendus haut et court, des agents de la Pinkerton qui devinrent le FBI plus tard, des héros nationaux tels Kit Carson, Bill Cody (dit Buffalo Bill) etc etc. Mais pas d’Indiens. L’Ouest, c’est pas une affaire de métèques.







Dimanche 28 Juin : 21ème jour
Ca fait un moment que ça me tarabuste, je voudrais vérifier la pression des pneus. Cette opération n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Premier obstacle : du fait des caisses latérales, il y a moins de 5cm pour atteindre la valve du pneu arrière. Deuxième obstacle : aux USA les gonfleurs n’ont pas de manomètre, c’est à toi d’avoir le tien dans tes bagages. Et bien entendu on n’a pas ça en rayon.
On avise un mécano ouvert bien que ce soit dimanche (surement un païen, car ce jour à cette heure, tout bon américain prie à la bondieuserie du coin). Il s’acharne à réparer la clim d’un gros bahut. Le chauffeur a craqué lorsque la température est montée à 54° dans sa cabine, sachant qu’il va jusqu’à New York ( 4000 km bon poids). On papote pendant que le mécano s’affaire. Le routier à une arrière-grand-mère française, et ça lui fait plaisir de rencontrer des quasi cousins.
Avec la moto, le taulier se fait chier à brancher son tuyau de gonflage par le minuscule interstice, et après deux ou trois coups de pschitt assure que tout est ok. Tout va bien, on peut repartir.
Vers 1950, une chaîne de motels se distinguait en offrant le gîte dans des wigwams (grosse tente indienne). Aujourd’hui, il ne subsiste que ceux d’Holbrook. Devant chacun est remisée une voiture d’époque. Le must, pour tout pèlerin de la 66, est d’y faire étape avec son propre véhicule vintage ! c’est le cas d’une famille qui, outre la teuf-teuf, tracte une caravane 50’s.
La ville porte le nom de l’ingénieur qui conçut le tracé des chemins de fer Pacific & Atlantic Railroads qui se rejoignirent ici en 1882.








Il y a aussi un culte voué à Gertie, un dinosaure dont le squelette intact à été découvert dans le coin il y a une trentaine d’années. C’est qu’en Arizona, tu donnes un coup de pioche et tu déterres un dino. Alors y’a des malins qui exploitent le filon en exposant des maquettes prétendument conformes aux originaux. On a donc des diplodocus bleus, des tyrannosaures roses, etc etc
Sur la route, halte à Geronimo où la boutique de souvenirs tenue par la tribu Hopi expose  le plus gros morceau d’arbre pétrifié du monde (80 tonnes).






Puis c’est Jack Rabbit, village tombé en ruine, où ne reste stoïquement qu’un bazar dédié à tout ce qui de prêt ou de loin concerne la 66 et les lapins. Comprenne qui pourra le rapport.





Arrêt obligatoire à Winslow : en 1970, les Eagles sortent la chanson « Take it easy » inspirée par ce village devenu depuis éternellement célèbre (et qui leur voue en retour un culte sans borne).  Il y a également l’hôtel le plus luxueux de toute la 66 : le La Posada dont les tarifs ne sont pas compatibles avec notre budget.







Un petit détour (6 km) à Meteor Crater. Il y a 50 000 ans, une météorite grosse comme une piscine s’est fracassée dans le désert. Il en résulte un cratère de 1200m de diamètre et 500m de profond. Vers 1930, un certain D Barringer achète le terrain pour une poignée de haricots. Ayant un tantinet d’instruction, il a deviné que ce machin était la trace d’une collision avec un fragment venu de l’espace. Dans un premier temps, il creuse, espérant y découvrir des métaux précieux. Il trouve que dalle, alors il change d’approche : puisque la fortune n’est pas dans le trou, il va la faire venir. Un peu de pub, et hop l’affaire est lancée : venez voir le seul et unique cratère météorique du monde (il doit cette unicité à sa jeunesse (!!!) et au fait d’être situé dans un lieu sans érosion ni activité humaine). Ses petits-enfants sont maintenant multimillionnaires avec les 18$ l’entrée. Ceci étant, le musée attenant est très didactique, et est assez salutaire dans un pays où 50% des gens sont persuadés que la Terre à 6000 ans, conformément à la Bible.




Devant une station essence, point obligé de ravitaillement en naphta C5-C10 et en coca-cola, y’a un mec qui se la pète en faisant des étirements à grands renforts de « je suis crevé, j’ai trop roulé ». Comme il me gonfle, je lui balance dans les dents « ben moi j’ai plus roulé que toi », là il est interloqué et je lui précise « car moi, mon pote, je viens de France ». Ca lui cloue le bec illico, et il arrête de faire son cinéma.

Jusqu’à Flagstaff, c’est une succession de villages désertés : Two Guns (du nom d’un indien qui jadis eut une altercation avec un pistolero. L’indigène eut le dessus, fut jugé et reconnu en état de légitime défense ; mais il eut l’idée saugrenue d’aller pisser sur la tombe de son ennemi, cela lui valut un séjour longuet au pénitencier). Twin Arrows dont il ne reste que deux flèches plantées dans le sol devant les ruines d’un snack ; et enfin Winona et son charmant pont de fer, cul de sac pour la 66.





Lundi 29 Juin : 22ème jour
Flagstaff : on y croise une mamy qui serait partante pour que je l’emmène faire un tour de bécane, mais à cause de cette fichue arthrose qui lui paralyse l’épaule, elle préfère finalement rentrer en pick-up avec son petit-fils.
Là-dessus, on fait un crochet à Camp Verde pour y voir le village indien de Montezuma (les espagnols crurent longtemps que c’était les descendants des aztecs qui s’étaient réfugiés ici). C’est un village construit à flanc de falaise calcaire, dans un val verdoyant au milieu d’un désert brûlant. Assez inexplicablement, les indiens Sinagua l’abandonnèrent vers 1400 ainsi que la citadelle voisine de Tuzigoot, perchée au sommet d’une colline. De cette colonie antique descendent les Hopis dont la tradition orale fait constamment référence à la migration des ancêtres.




















Après cette plongée dans les origines culturelles des Pueblos, on remonte la vallée d’Oak Creek en passant par Sedona. La ville, lieu de villégiature pour artistes et américains fortunés, est encerclée par des mésas magnifiques. C’est un festival de dentelles rocheuses rouge vif dont celle ressemblant à une cloche, emblème de la cité. Portés par la grâce, les catholiques du coin ont érigé une église à l’architecture moderne qui s’intègre, pour une fois, dans ce paysage somptueux.
















D’un coup, le ciel s’assombrit de plus en plus et les 50 derniers km à travers le canyon, ressemblant à s’y méprendre à une vallée savoyarde, se font sous la menace de l’orage qui finit par nous péter sur le museau 15 minutes avant le terminus. On brave les intempéries en warriors de la route, et les automobilistes baissent leur vitre pour nous encourager. Quelques tours de roue encore, et on est au Galaxy, snack tout droit sorti des fifties.







Mardi 30 Juin : 23ème jour
Le motel où on crèche est une infamie : en guise de petit-dej’ on n’a droit qu’à un verre de jus d’orange largement dilué à l’eau, et un verre d’infusion de café (beurk, c’est dégueu). On complète au Galaxy avec un Continental Breakfast tout ce qu’il y a de plus réglementaire.
Quand la bedaine est pleine, on peut partir en exploration. Le centre historique de Flagstaff comprend une banque que les Dalton auraient pu piller s’ils n’avaient eut la funeste idée de passer à Coffeyville, Kansas fin 1892.
Au bout de la rue, l’hôtel rescapé de ces années héroïques est juste en face de l’échoppe d’un barbier officiant à l’ancienne. On entre et on fait la connaissance de Mr Ulibarri dont les ancêtres basques accompagnaient Hernan Cortez lorsqu’il mit fin à l’empire Aztec.

Il reste à ce jour le seul et unique barbier ayant officié sur la 66 dans les 70’s et toujours en activité sur la Mother Road. Cela lui donne la satisfaction de faire la une de divers magazines et journaux de par le monde. Pour la France, il est cité dans le livre de Philippe Labro et interviewé par La Villardière dans Enquête Exclusive.
Quand on rencontre un coiffeur légendaire de la 66, le moins que l’on puisse faire est de lui confier sa tignasse. Mr Ulibarri ne connaît qu’une coupe, et il me fait une tête de vendeur d’aspirateur en trois coups de ciseaux et une remontée de tondeuse.








Maintenant on attaque la grimpette des Rocheuses. L’air est doux, sapins et pins couvrent les montagnes à l’infini. Cette ambiance bucolique change dès le passage à Williams : désormais on avance sur un plateau à 2700m, et là le soleil cogne comme un forcené sur ma caboche fraîchement rasée.
Tout au long du périple, on a rencontré des originaux (Henry et ses lapins), des nostalgiques (le musée de Santa Rosa), des loufoques (mamy whisky à Adrian) mais il y a aussi des imposteurs cherchant à profiter du filon 66. C’est le cas de ce coiffeur d’Ashfork ayant posé une DeSoto sur son toit ! là on touche le ridicule.









Le summum est atteint à Seligman : le coiffeur Delgadillo a lancé le revival de la 66 dans les années 80. Hélas décédé, aujourd’hui son salon de coiffure est devenu un magasin de souvenirs et toute la ville a suivi. Les tours operateurs allant à Vegas viennent par car complet pour mettre « Route 66 » sur leur roadmap. Il n’y a plus rien d’authentique. Dans la surenchère du kitch, tout est bon pour attirer l’œil du chaland et lui vendre des bibelots affreux made in China.
En mangeant un sorbet, on rencontre Greg qui se finit un tacos. Il arpente les parcs nationaux depuis plusieurs mois et engrange les clichés insolites. Il est super sympa et chanceux : à Monument Valley, il a eu LE cliché : un éclair d’orage en plein dans la pastille sur fond des célèbres mésas. Statistiquement, il avait plus de chance de gagner l’euro-million.















A Hackberry , un bistrotier a habillé sa bicoque avec des reliques des années 50. Lui aussi a droit aux charters de touristes rejoignant Las Vegas. Dérive mercantile et pour le moment très circonscrite d’une 66 qui reste majoritairement une affaire de passion.










Au snack de Kingman je demande la capsule de  la bouteille de bière à la serveuse (pour la collection d’un pote à un des fils de Sylvie). Normalement elle n’a pas le droit de le faire (j’ai pas compris pourquoi) mais avec des airs de conspirateur elle me la file tout de même en douce. Elle nous qualifie de « bikers rock n’ roll » et désormais nous a à la bonne.






Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire